Elle sera l’un des nouveaux visages de la nouvelle Assemblée : Rachel Keke, candidate investie par la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) dans la 7e circonscription du Val-de-Marne, a remporté dimanche 19 juin à la fin de élections législatives du second tour avec 50,3% des voix. Sa perdante, l’ancienne ministre des Sports (2020-2022) Roxana Maracineanu, a remporté 49,7 %.
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Au premier tour de scrutin, la candidate de la Gauche unie à cette élection législative est arrivée en tête avec plus de dix points d’avance sur son adversaire, pourtant plus connu du grand public, avec 37,22 % de voix contre. 23,77%, avec un fond de faible participation (46,33%). Le candidat républicain Vincent Jeanbrun, personnalité politique locale, a terminé à la troisième place avec 18,32% des voix.
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Figure du mouvement de grève des femmes de chambre à l’Ibis Batignole
Au Monde, Mme Keke a avoué dans les tours intermédiaires : “C’était une autre surprise. (…) Les gens veulent me voir à l’Assemblée nationale (…) ce serait historique. Femme de ménage de profession, elle a été l’une des figures de proue du mouvement de grève des femmes de ménage des Ibis Batignolles à Paris, qui a influencé la formation du groupe Accor.
Sous le régime de la sous-traitance, employés par STN, les vingt salariés ont postulé pour intégrer le personnel de l’hôtel parisien et se sont plaints des conditions de travail qu’ils jugeaient indignes. Après vingt-deux mois de mobilisation, ils avaient réussi à améliorer leurs conditions de travail en mai 2021.
Née en C Εte d’Ivoire, Rachel Keke est arrivée en France en 2000 à l’âge de 26 ans après qu’un coup d’État militaire a renversé Henri Konan Bédié. Naturalisée française en 2015, elle a d’abord été coiffeuse, femme de ménage, puis gouvernante, et elle faisait partie de ces travailleuses de l’ombre de base, souvent des femmes, qui “travaillaient” pour joindre les deux bouts.
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Participant aux élections pour la première fois, la syndicaliste CGT, désormais rompue à la lutte sociale, a soutenu son souhait de pouvoir poursuivre ce combat en Demi-cercle, ainsi que l’importance d’avoir une Assemblée plus à l’image de la française, projetant l’argument de proximité sociale et géographique. « Vous n’habitez pas dans des quartiers populaires, que faites-vous ici ? ! “, avait-elle également lancé à son adversaire de longue date.
A l’approche de l’élection, Rachel Keke avait appelé à l’arrêt de l’abstention, la candidate LR exhortant les électeurs à voter contre elle et Mme Maracineanu appelant à un “front républicain contre l’extrême gauche”, provoquant la colère des rangs de la gauche.
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L’ancienne nageuse, olympienne en 2000 à Sydney, a également mis en lumière le cours de sa vie, estimant que le discours de Mme Keke à son encontre était une caricature. “Rachel Keke ne me connaît pas : mes parents sont arrivés en France avec deux valises. On dormait dans la voiture, on vivait dans des quartiers populaires à Mulhouse ou à Blois… On a un parcours très similaire”, expliquait-il à l’Agence française avant le premier tour.
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